Paléontologie

L’espace occupé par le territoire du Géoparc est un vaste échantillon de l’évolution de la vie sur Terre qui comprend des sites datant du Silurien au Paléogène, à savoir une période de quelque 400 millions d’années représentée par des fossiles de vertébrés, d’invertébrés et de plantes.

On y trouve des vestiges de fossiles de graptolite sur des ardoises du SILURIEN. De leur côté, les roches calcaires du DÉVONIEN contiennent des fossiles marins qui témoignent de l’extinction d’organismes tels que les trilobites.

Montsechia vidalii

Le PERMIEN et le TRIASIQUE sont représentés à la frontière nord du Géoparc, où émergent les sédiments rougeâtres qui ont fourni une grande richesse d’ichnites (empreintes et traves), notamment de reptiles et d’amphibiens, qui témoignent de la grande diversité de vertébrés présents dans la région. Pour ce qui est des végétaux, les derniers sites étudiés récemment indiquent l’énorme exubérance et variété des écosystèmes du Permien.

La période suivante qui fait l’objet d’une représentation considérable est le CRÉTACÉ INFÉRIEUR, avec les affleurements de la Sierra du Montsec, notamment caractérisés par les carrières de Rúbies et de La Cabrúa, des gisements de calcaire lithographique qui ont fourni de magnifiques vestiges fossiles d’insectes, d’invertébrés marins, de plantes, de vertébrés de type amphibiens et petits reptiles, ainsi que d’oiseaux à plumes, dont les parties tendres, voire les motifs de coloration, ont été conservés. À noter la présence de restes des premières plantes à fleurs (Montsechia vidalii) qui, apparues sur la planète il y a quelque 130 millions d’années, ont été décrites dans la Sierra du Montsec par Charles René Zeiller en 1902.

Le principal actif paléontologique du parc provient des sédiments de transition du CRÉTACÉ SUPÉRIEUR. Cette période a fourni d’excellentes trouvailles issues de milieux côtiers (accumulations de rudistes à la Collada de Basturs), de milieux de transition (sites contenant des marques d’alimentation de raies à La Posa) et, principalement, de milieux plus continentaux (Bassin de Tremp et vallée du Sallent, à Coll de Nargó), où ont été découverts de nombreux restes de dinosaures.

jacimentisona

L’existence de ces derniers à la Conca de Tremp fut documentée pour la première fois en 1916, pendant les travaux de construction du barrage de Sant Antoni. Les premiers restes de dinosaures de la région furent diffusés en 1954 par le paléontologue allemand Walter Kühne, qui fit des fouilles dans le Ravin d’Orcau en collaboration avec le paléontologue espagnol Emiliano Aguirre (le site « Orcau-1 » actuel). Quelques années plus tard, le paléontologue français Albert-Félix de Lapparent découvrit les premiers œufs de dinosaures au Ravin de Basturs.

Depuis les années ‘80, une équipe de chercheurs de l’Institut Catalan de Paléontologie Miquel Crusafont (ICP) et du Musée de la Conca Dellà font systématiquement des fouilles dans le région et travaillent en collaboration avec d’autres territoires similaires, comme le Géoparc de Hateg, en Roumanie. Pendant cette période, les nouveaux sites et les milliers de restes de fossiles qui ont été découverts ont permis de mieux connaître la fin de l’Ère des dinosaures d’Europe.

La bande sédimentaire qui témoigne des environnements du Maastrichtien présente une grande quantité d’os, d’œufs et d’empreintes de qualité des derniers dinosaures qui ont peuplé l’Europe au cours des millions d’années préalables à leur extinction, à la limite du Crétacé et du Paléogène. À noter la découverte de diverses formes de dinosaures sauropodes, hadrosaures, théropodes et ornithopodes, en plus de la présence de restes de crocodiles, tortues et ptérosaures, entre autres vertébrés. La richesse des restes d’œufs retrouvés à la Conca de Tremp et à Coll de Nargó fait de cette zone le principal gisement d’œufs de dinosaures d’Europe et l’un des plus importants du monde. Des dizaines d’articles scientifiques publiés dans des revues spécialisées soutiennent l’importance de ces découvertes. À des fins de conservation et d’étude, ces restes sont conservés au Musée de la Conca Dellà, à Isona, et au sein de son homologue muséographique, le centre de diffusion Dinosfera, à Coll de Nargó.

La découverte de fossiles à travers l’étude sédimentaire est complétée par les restes du PALÉOGÈNE. Les deux flancs du massif du Montsec hébergent d’impressionnantes concentrations de faune invertébrée, comme par exemple dans les géozones de la Règola (Àger) ou au niveau du stratotype de l’Ilerdià, à l’ouest de Tremp. Par ailleurs, les premières formes de mammifères, notamment les premiers primates d’Europe, ont été retrouvés dans les gisements de l’Éocène d’Àger et de La Pobla de Segur.

Rappelez-vous que la Loi 9/93 relative au Patrimoine culturel comprend l’interdiction d’effectuer des prélèvements paléontologiques.

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